Penser l’avenir ? Jour 1 : immersion immédiate dans la démarche prospective.

Café d’accueil. On ne fait pas les présentations, on fait connaissance : on est bien obligé, interdiction de parler boulot ! Le « tu fais quoi dans la vie » s’extirpe de sa réduction à la vie professionnelle et reprend pleinement son droit de cité. Ca fait du bien. L’impatience est généralisée, l’envie de partager cette aventure, palpable : je me sens déjà embarquée dans une joyeuse inspiration.

Introduction de nos sémillants détour-opérators, qui n’ambitionnent rien de moins que de grossir les rangs de la guilde des réinventeurs de futurs, en faisant de cette formation notre transformation. Une nouvelle façon de faire de la prospective, à la mesure de la controverse, et aiguillée par 50 explorateurs, pour nous métamorphoser en rêveurs de possible, en conspirateurs positifs. Ca tombe bien, je troque volontiers mon dériveur contre un optimiste…

Retour sur la question existentielle de l’avenir et de son traitement à travers les époques : on plonge dans le grand bain de la prospective. Ere de l’incertitude, impasse de la théorie déterministe, la voie de l’Imagination est libre, et avec elle s’ouvre une infinité de scénarii. Futurs possibles, futurs impossibles, imaginables, inimaginables… Mais comment rendre imaginables ces futurs qui ne le sont pas ? Comment imaginer ces futuribles, ces futurs possibles, pour en extraire les futurs souhaitables, ceux-là même qui orienteront les décisions ? Si une partie de la réponse semble se trouver dans la lecture du temps présent et dans le décryptage des signaux faibles, il va falloir se déconditionner, prendre conscience des schémas qui structurent notre vision du monde pour mieux nous en affranchir… Se débarrasser des idées reçues, se frotter à la complexité, apprendre à se poser les bonnes questions, accepter l’incertitude. Vaste et ambitieux programme, j’ai un peu mal aux cheveux… Fort heureusement, la prospective est une discipline méthodique, et collective. C’est là que la dynamique de groupe, avec l’apport des singularités et des sensibilités de chacun, prend son sens : ce « voir ensemble » permet d’élargir les champs individuels des possibles.

Puis vient le temps des présentations. Quête de sens,  envie de se nourrir intellectuellement, d’appréhender la complexité, volonté de changer les choses, les motivations qui nous réunissent se rejoignent autour de dénominateurs communs : la bienveillance et l’ouverture. Que nous soyons acteurs de la transition ou électrons libre en transition, artistes ou entrepreneurs, jeteurs de pont entre l’entreprise et la société, expert en développement durable, pilotes d’innovation ou totalement novices, nous ne sommes pas là par hasard… A l’issue de la traversée, qu’aurons-nous à donner au débat public ? Au regard de notre diversité et du fil sensible qui semble nous relier, le remue méninge collectif promet d’être palpitant.

 

Sophie Dumaret, journaliste résidente Lab Session#4